Table console et miroir composés :
Il y a quelque chose d’égyptien dans ces deux yeux qui font table et miroir. Deux yeux sertis chacun dans une gaine épurée de vert émeraude et d’acier chromé, une ligne futuriste et involutive, tracée par des demi-lunes qui rappellent la jante métallisée d’une automobile. Deux yeux séparés par un plateau de verre tangent au cercle inférieur, figé dans un équilibre parfait et improbable. Quelque chose d’égyptien, disions-nous ... N’est-ce pas l’œil de Râ qui nous fixe sous la table, vide et plein d’une lueur étrange ? Deux yeux ornés surtout d’une série de diamants, deux fois huit, qui détournent le regard vers la périphérie et nous arrachent, un moment au moins, à la contemplation de notre propre reflet dans le, miroir.
Qu’on s’approche donc, et voici La Naissance de Vénus et Le Printemps réfractés et magnifiés quatre fois aux angles de ces loupes pyramidales qui sont elles-mêmes comme des éclats de diamant, illuminés d’un rayon intérieur qui révèle à chaque fois un morceau du tableau : ici le visage de Vénus, là un bras laiteux, un sourire, un coin de chevelure. Des fragments de Botticelli, des clins d’œil, des coups d’œil, une sorte de boîte à images, de kaléidoscope, de lanterne magique, une mise en scène cubiste qui étale sous nos yeux, dans une série de raccourcis fulgurants, les moments de l’Art.
Mais ces pyramides magiques, ces ouvertures sont autant de présentoirs en attente des bijoux qu’elles devront exposer et offrir au regard. Chaque alcôve peut accueillir une nouvelle image, un nouvel objet, et devenir ainsi le réceptacle de nos plus intimes trésors. Il n’y a qu’à changer la scène, et le spectacle peut continuer. Boîte à images, véritable trésor pharaonesque.
Et comment ne pas penser aussi à ces loges de théâtre italien, à ces coiffeuses pour diva encadrées de lampes ? C’est la Vénus de la Scala, qui contemple son image au miroir, ravie de s’y trouver si belle, le visage serti dans un cercle de diamants. Mon corps, mes possessions : l’insolent tombeau du visage.
En somme, une sorte de vanité futuriste, et très exactement "post-moderne" : l’art mis sous la loupe, comme un bijou, c’est ce qu’il nous reste de plus précieux au-delà de la beauté éphémère des corps. La grâce passagère d’un visage et l’éternité de l’art, nos seuls trésors.
Table console. L’unité : 8911 € HT - Le prix n’inclut pas le plateau de verre
Miroir. L’unité : 3820 € HT